Guest Leadership – les invités au pouvoir


Résumé : Les guest leaders sont des personnes qui font preuve d’actes ponctuels de leadership, tel qu’aider une personne trop petite à récupérer un bagage du compartiment à bagages au-dessus de sa tête, organiser des nettoyages de quartier ou de s’assurer que les clients sont contents. Cet article explore le concept de guest leadership, examine ce qui permet de l’améliorer ou de l’inhiber, où pouvons-nous le trouver, et examiner de quelle manière une culture du guest leadership pourrait s’épanouir.


Généralement, nous pensons au concept de leader en termes très généraux : Nelson Mandela, Martin Luther King, Steve Jobs, etc. Toutefois, chaque jour se produisent de petits actes de leadership, qui par là-même forme le ciment de la société civile. Aider une personne trop petite à hisser son bagage dans le compartiment à bagages au-dessus des sièges, organiser des nettoyages de quartier ou démarrer des pétitions pour changer de gouvernement font partie de ce type d’actes.

Ces actes sont des moments de “guest leadership

Le guest leadership lors d’un tournage

Lors du tournage de ce clip vidéo, personne n’était en charge de quoi que ce soit, et certainement pas le musicien pour lequel le tournage avait lieu. Ce dernier avait bien un vague idée de ce qu’il voulait, mais, n’étant pas un organisateur, il ne coordonnait pas les différentes actions de sa douzaine d’amis présents venus le soutenir et faire une apparition dans son clip vidéo.

À un moment donné, quelqu’un a dit qu’une section de mur devrait être drapé. Quelqu’un est partit trouver un rideau et une tringle, mais le guest leader du moment a été la personne qui a trouvé une échelle et qui a coordonné les autres personnes pour accrocher le rideau suffisamment haut pour faire un semblant de mur. Aucune de ces personnes ne se connaissaient, et le musicien n’était pas là pour superviser ce qui se passait. Il n’était même pas au courant de ce qui était en train d’être fait, il a seulement vu que le mur avait été drapé comme il le souhaitait.

Cette activité de leadership sporadique effectuée par différentes personnes s’est poursuivit pendant une heure environ. Certains invités en coordonnaient d’autres, certains étaient les bras et les jambes de ceux qui avaient des idées, et certains étaient simplement assis et regardaient.

Finalement satisfait, le musicien lança le tournage du clip vidéo, ignorant qui avaient contribué à quoi. Tous les invités1 et les aidants étaient de simples figurants1 dans le clip vidéo final.

Le guest leadership se produit plus rarement dans l’environnement professionnel que dans la vie quotidienne. Dans l’environnement professionnel, les employés attendent généralement qu’on leur dise quoi faire, puis regardent comment leurs actions auront un impact sur leur entretien d’activités annuel et sur leur augmentation de salaire. Des moments spontanés de leadership peuvent se se produisent tout de même, mais l’environnement habituel des entreprises n’y incite pas beaucoup.

La révolution agile du développement logiciel a légitimé la prise de décision décentralisée avec son appel à l’auto-organisation. La prise de décision décentralisée est utile dans des environnements complexes tels que ceux que l’on peut trouver dans le développement moderne de logiciels. Dans ces environnements, il n’y a pas assez de temps pour faire transiter toute l’information nécessaire vers un point de contrôle central et pour attendre une décision. À l’opposé, les gens sur le terrain ont souvent l’expérience et l’information nécessaire pour résoudre plus rapidement par eux-mêmes le problème.

De plus en plus d’environnements professionnels partagent ces mêmes caractéristiques qui sont d’avoir des flux complexes d’informations nécessitant des décisions et des actions rapides. De plus, la génération du millénaire, qui prend de l’importance sur le plan démographique, est de plus en plus allergique au pouvoir centralisé et aux patrons qui leur disent quoi faire. Elle est aussi à la recherche de nouvelles manières de prises de décisions décentralisées.

Les organisations qui sont capables de créer une culture du guest leadership multiplient les capacités de leur personnel. La question est, comment qui que ce soit, une personne – qu’elle soit en position d’autorité ou pas – peut pousser l’inclinaison des gens a transformé l’acte de faire un pas en avant en acte de guest leadership ?

Les différents positionnements du leadership

Certains leaders sont charismatiques. Ils créent une certaine attirance. D’autres dépensent leur énergie à faire évoluer l’environnement autour des personnes qui leur sont acquises. Généralement, nous nous référons aux premiers comme étant des “meneurs”, et nous nous référons souvent aux seconds comme étant des “manageurs”. Tous les deux sont des leaders, de différentes manières, ayant des positionnements différents avec différents objectifs. Le premier indique la direction dans laquelle les personnes sont naturellement enclines à poursuivre. Le second met en place l’environnement afin que les actions des personnes soient efficaces.

Mark McKergow et Helen Bailey ont introduit le terme de “leader hôte” pour la deuxième catégorie de leader. Pensez à une soirée, il s’agira peut-être d’un repas formel, peut être d’un repas à la fortune du pot ou d’un bal masqué ou d’une partie de billard. L’organisateur est responsable pour créer l’ambiance et légitimer l’ensemble des actions possibles des invités, cela commence avec l’invitation des personnes puis cela se poursuit en allant voir si chaque personne profite bien de la soirée.

Je trouve utile d’utiliser des mots différents pour qualifier les différents positionnements d’un leader. Voici ceux que j’utiliserai dans cet article.

Leader 1: celui qui donne des directions

Le Leader 1 est le type de leader que nous imaginons tout de suite lorsque nous entendons le mot leader : Gandhi, Mandela, Hitler, Kennedi, Martin Luther King. Que vous soyez d’accord avec leurs doctrines ou pas, ils s’avèrent être très persuasifs. Qu’est-ce qui rend ce type de leader aussi persuasif ? Ils

  • Attirent l’attention,
  • Redirigent l’attention dans une certaine direction,
  • Enrôlent les autres de telle manière qu’ils trouvent cette direction intéressante.

Nous associons généralement un Leader 1 avec la capacité de changement de direction. Lorsqu’il n’y a aucun changmeent de direction à faire, le travail du Leader 1 est de continuer à souligner l’importance de la direction actuelle, de continuer à faire en sorte que l’attention des gens ne soient pas distraite et qu’ils continuent à travailler dans cette direction et pas dans d’autres. Le travail de Leader 1 porte toujours sur la direction.

Leader 2 : le leader en tant qu’hôte

Le Leader 2 est la représentation même du positionnement décrit par McKergow et Bailey. Voici les choses qu’une personne de ce type fait :

  • Créée une ambiance et un environnement permettant de l’entretenir.
  • Se rend présent auprès des invités pour voir s’ils se sentent accueillis, en sécurité, inclus et impliqués.
  • Intervient périodiquement pour détourner l’attention, présenter des personnes les unes aux autres, changer la musique, faire des annonces, et ainsi de suite.
  • S’écarte périodiquement pour observer la scène, déterminer ce qui a changé ou pas.

Remarquez bien que dans le cas du Leader 2, il n’y a pas de direction particulière, l’accomplissement est la création et la rétention d’une ambiance ou la qualité de l’interaction. Toutefois, le Leader 2 reste un leader, parce qu’il est la personne qui prend l’initiative et qu’il est responsable de l’ambiance et des interactions.

Leader 0 : le leader solitaire

Le Leader 0 est une forme dégénérée mais toutefois importante de leadership, et la première forme de guest leadership. Le Leader 0 est un leader solitaire, qui, n’enrôlent personne. Néanmoins, le Leader 0 reste un leader car il sort de la foule et prend des initiatives. Voici les choses que ce type de personne fait :

  • Détecte qu’une intervention quelconque est nécessaire.
  • Décide, “C’est à moi de m’en occuper”.
  • Sort de la foule et fait une action quelconque
  • Retourne à sa position initiale.

Le Leader 0 est la personne qui ouvre la fenêtre dans une salle de réunion surchauffée, qui aide une personne petite à hisser son bagage dans le compartiment à bagages au-dessus des sièges, qui ramasse un portefeuille tombé par terre et qui le ramène à son propriétaire, qui vous dit que votre sac à dos est ouvert. Tout le monde a été Leader 0 au moins une fois, même les personnes qui jurent n’avoir fait aucun acte de leadership. Les Leaders 0 sont très importants dans la création d’espaces conviviaux et dans le sentiment de sécurité.

Leader 3: Guest as leader

Leader 3 : les invités en tant que leaders

Le Leader 3 est le guest leader, le sujet de cet article. Cette personne n’est pas un leader qui a été nommé ou qui est reconnu en tant que tel. Dans une fête, il ne s’agit pas de l’hôte ou du remplaçant de l’hôte. Dans un environnement professionnel, il ne s’agit pas du patron ou du manageur. Voici les choses que fait un guest leader :

  • Détecte qu’une intervention quelconque est nécessaire.
  • Décide, “C’est à moi de m’en occuper”.
  • Devient un Leader 0-2 pendant un certain temps
  • Retourne à sa position précédente.

Dans un quartier, un Leader 3 est la personne qui décide d’organiser une fête de quartier ou un dîner improvisé à la bonne franquette dans la rue, ou de nettoyer le quartier. Au travail, un Leader 3 est la personne qui va argumenter pour obtenir un changement de fournitures de bureaux pour améliorer la collaboration, démarrer un évènement social mensuel, ou qui va motiver ses collègues à essayer une nouvelle technique.

Aller d’un positionnement à un autre

Il est assez courant pour les gens de changer de positionnements au cours d’une situation. Voici un petit exemple :

Guest leadership, aller d’un positionnement à un autre

Personne : Il est environ 2 heures du matin à Buenos Aires, les rues sont désertes. Un ami et moi traversons une rue très grande à sens unique. Une voiture tourne dans cette rue très large, et généralement très encombrée, dans le mauvais sens. Invité 1

Leader 3 : Je décide d’intervenir. Leader en tant qu’invité.

Leader 0 : Je bondis sur la route pour avertir le conducteur qu’il est en train de se diriger vers une grande rue à sens unique dans le mauvais ses. Leader solitaire.

Leader 1 : Mon espagnol n’est pas assez bon pour lui faire comprendre rapidement ce qu’il se passe. (Il a juste vu quelqu’un d’étrange bondir sur la route et qui est en train de lui hurler dessus dans un mauvais espagnol). Je demande à mon ami de lui parler et de lui expliquer la situation. Elle le fait, devenant de fait un suivant enrôlé. Leader en tant que donneur de direction.

Leader 2 : Je me recule et observe l’environnement, regardant si des véhicules arrivent dans un sens ou dans l’autre tout en m’assurant que son explication est bien comprise. Leader en tant qu’hôte.

Personne : Le conducteur fait demi-tour. Nous reprenons notre marche. Invité 1.

Nous avons vue la même progression de l’histoire au début de l’article : invité, suiveur, leader en tant que donneur de direction, leader en tant qu’hôte, invité. Il semble qu’il y ait une progression identique.

Il y a ici deux questions intéressantes :

  • Qu’est-ce qui augmente ou diminue l’inclinaison d’une personne de franchir cette étape cruciale d’intervenir ?
  • Quelle chose peut-elle être faite, que ce soit par un patron ou un leader établit, ou par simplement par qui que ce soit, pour augmenter l’inclinaison d’une personne à franchir cette étape cruciale ?

Pour continuer, jetons d’abord un œil sur la collaboration, le préambule au guest leadership.

La collaboration peut être influencée

En 2006, j’ai écrit “Colloration: The Dance of Contribution (discussion: Re: Collaboration: the dance of contribution))”. Le phrase-clé de cette étude est : la collaboration exige qu’une personne sorte de la foule, attire l’attention sur elle, offre une idée ou une contribution, et retourne dans la foule.

C’est très similaire avec ce que nous demandons avec le guest leadership.

Tout le monde dans un groupe peut augmenter l’inclinaison à faire un pas en avant en réalisant une action parmi les 5 suivantes :

1. Élever autrui

Beaucoup de personnes se sentent trop modestes à leur sujet et pour parler de leurs idées. Vous pouvez les aider en élevant leur estime d’elles-mêmes et leur rang social :

  • Reconnaissez autrui
  • Abaissez votre position sociale relative
  • S’enquérier et non contredire
  • Mettez à l’épreuve mais adoptez

2. Accroître la sécurité

Attirer l’attention et faire un pas en avant est quelque chose d’effrayant pour la plupart des personnes. Offrir une idée est potentiellement embarrassant, si elle est rejetée. Par conséquent, la première choses à faire est de créer un environnement où les personnes se sentent en sécurité pour offrir leurs idées :

  • Soyez vous-même
  • Montrez que vous ne ferez pas de mal
  • Ajouter de l’humour
  • Dites quelque chose d’honnête à la limite, selon vous, de ce qui est permis

3. Obtenir des résultats

Les résultats sont ce qui compte dans la collaboration, de plus, obtenir des résultats permet vraiment d’améliorer la collaboration. Par conséquent :

  • Ne vous laissez pas distraire
  • Clarifiez la voie à suivre
  • Dites quelque chose ayant de la valeur
  • Obtenez un résultat

4. Ajouter de l’énergie

Finalement, l’énergie dans la pièce s’avère être importante pour être enclin à collaborer. Par conséquent :

  • Maintenez votre niveau d’énergie élevé
  • Contribuez
  • Mettez à l’épreuve (pour augmenter le niveau d’énergie)

Dans les dix ans qui ont suivis la publication de cet article sur la collaboration. J’ai vu à quel point ces actions sont efficaces, à la fois pour élever et abaisser l’inclinaison au sein d’un groupe à collaborer. Toute personne dans le groupe faisant ces actions aide les personnes à rentrer dans un état de collaboration, et inversement, lorsque quelqu’un dans le groupe fait l’inverse de ces actions, nous pouvons voir immédiatement que les personnes dans le groupe se mettent en retrait par rapport à la collaboration.

Si nous sommes intéressés par le fait d’améliorer les personnes à faire un pas en avant et à faire preuve d’initiative, alors très clairement, ce sont les premières choses dont nous devons nous occuper.

Ces choses en mains, que pouvons-nous apprendre d’autre pour faire en sorte que les invités se comportent comme des leaders ?

Les ateliers de guest leadership

Tout au long de l’année qui vient de s’écouler, j’ai animé des ateliers pour apprendre qu’est-ce que les gens trouvent comme éléments d’améliorations ou de nuisances quant à leur inclinaison de faire d’un pas en avant un moment de leadership.

  • En tant qu’invité, qu’est-ce qu’il y a dans l’instant présent qui est tel que je me sente ou pas en état à faire un pas en avant ?
  • Que peut faire un hôte pour accroître mon inclinaison pour être un guest leader pendant un moment ?
  • Que peut faire un patron pour améliorer l’inclinaison du groupe pour avoir des moments de guest leadership
  • Qu’est-ce que peut faire quelqu’un (patron ou pas) pour l’améliorer ?

Ce qui améliore le fait de faire un pas en avant

Lors des ateliers, deux réponses sont revenues sans cesse :

  • L’empathie, et
  • Voir que je suis capable de réussir

Le plus intrigant dans certains cas, le même facteur était désigné que ce soit sur l’amélioration ou sur la baisse sur l’acte de faire un pas en avant. Et en particulier, voir les autres faire un pas en avant :

  • “Voir les autres faire un pas en avant me montre qu’il est sans risque de faire un pas en avant et de prendre le leadership pendant un moment,” mais en même temps :
  • “Si je vois d’autres s’avancer, je peux me relaxer, parce qu’ils n’ont pas besoin de moi, ils vont s’en occuper.”

Un certain nombre de personnes ont commenté que si elles voient l’hôte commencer à couper le pain ou le fromage, et se mettre en retrait par la suite, elles savent alors qu’il est sans risque de s’avancer et d’accomplir la mission. Cela nous donne une idée de comment faire pour pousser les gens à faire un pas en avant :

  • Commencez quelque chose, partez et laissez inachevé.

Plusieurs personnes ont signalé l’importance de l’invitation pour une fête ou de l’environnement en général :

  • “Si je suis invité à un dîner formel, non seulement je ne me proposerai pas pour ouvrir le vin ou pour aider d’une quelconque façon, car je comprends qu’il pourrait s’agir d’une insulte si jamais j’essayais de le faire”
  • “Dans un dîner à la fortune du pot, nous devons tous amener quelque chose et contribuer. Je sais que lorsque je viens à ce type de dîner que je devrais ouvrir l’œil et voir si quelque chose demande une attention particulière”

Voici quelques uns des autres éléments clés permettant de favoriser des moments guest leadership

  • Je peux avoir un impact
  • Cela fait partie de ma personnalité
  • J’ai déjà pas mal d’expérience à faire un pas en avant
  • Je veux le résultat
  • Urgence (comme par exemple des enfants se battant entre eux dans l’espace public)
  • Mon propre intérêt
  • L’environnement est favorable
  • J’ai les compétences et la capacité de le faire
  • Lorsqu’il n’y a rien à perdre et davantage à gagner
  • L’absence d’autre leadership
  • Cela résonne avec mes valeurs
  • Je connais l’organisateur de l’évènement
  • Je me sens plus utile

Voici quelques-uns des éléments clés qui diminuent l’inclinaison à faire un pas en avant :

  • Je vais me retrouver coincer à faire ça à chaque fois
  • Une charge de travail supplémentaire
  • Il y a déjà suffisamment de personnes qui font un pas en avant
  • Un environnement toxique
  • Je n’apprécie pas, en fait, les autres personnes qui sont présentes
  • Je suis paresseux
  • La peur de l’échec
  • Je ne souhaite pas me démarquer
  • La peur de la responsabilité (réf. : l’enfant battu en place publique)
  • Je m’attends à ce que les mêmes personnes que d’habitude fassent un pas en avant
  • Je doute de moi-même
  • J’ai été éduqué pour rester passif
  • J’apprécie le status quo

Améliorer la culture pour aller vers du guest leadership

Plus dur encore que trouver pourquoi les gens font un pas en avant, c’est de se demander s’il est possible de construire une culture dans laquelle les gens prennent une position de guest leadership plus souvent, et plus naturellement.

J’ai été assez chanceux pour interviewer des personnes de trois entreprises différentes dans laquelle le guest leadership est la norme, où n’importe qui peut faire un pas en avant à n’importe quel moment, peu importe leur ancienneté. J’ai demandé au fondateur de l’une des plus petites entreprises ce qu’il avait fait et il a répondu :

  • “J’ai simplement fait en sorte de m’assurer de ne pas être présent la plupart du temps”

Son entreprise était de petite taille, donc tous les employés devaient simplement prendre des décisions, et lui dire ce qu’ils avaient faits après. Décisions avec lesquelles, bien sûr, il était suffisamment intelligent pour être d’accord.

Un autre dit :

  • “J’ai juste dit ‘oui’ à ce qu’ils demandaient.”

Un coach de l’une de ces entreprises a dit :

  • “Nous avons embauché une toute nouvelle personne, qui sortait tout juste de l’université. La première fois, il n’osait rien choisir quant au travail à faire, parce qu’il ne connaissait encore rien. Donc je lui ai demandé de choisir une personne avec qui travailler en équipe. La deuxième fois, je lui ai demandé de choisir quelque chose tout seul. Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de lui demander quoi que ce soit, il va fureter à droite et à gauche prendre n’importe quelle tâche.”

Lors des ateliers, deux choses devinrent claires :

  • Il est essentiel de réduire le sens de la distance (sociale) verticale entre les personnes juniors et seniors, entre les personnes de différents niveaux de management ou au niveau de la hiérarchie sociale, de telle façon, que cela créé une culture socio-professionnelle “horizontale”.
  • Bien qu’il y a des choses que n’importe qui peut faire, il y a certaines choses que seul l’hôte ou le patron peut faire.

Les participants de notre atelier ont trouvé deux activités pour aider à réduire le sens des distances verticales. Les deux peuvent être faites quel que soit les niveaux hiérarchiques sociaux.

  • Cuisiner et manger ensemble

Il ne s’agit pas ici du barbecue traditionnel américain du 4 juillet dans lequel les patrons servent des hamburgers à l’ensemble des employés. Il s’agit de vraiment préparer le repas ensemble, tout le monde aidant tout le monde, aucun titre n’est visible, et les résultats de ce qui a été préparé sont partagés lors d’un déjeuner ou d’un dîner très sympathique.

  • “La marche de l’esquive” à tous les niveaux du management”

La “marche de l’esquive” est un jeu qui m’a été présenté par Diego Fontdevila à Grupo Esfera. Les participants forment deux lignes l’une en face de l’autre. Une ligne est immobile. L’autre ligne marche vers elle. À un certain “dernier moment”, les personnes qui marchent doivent sauter ou se mettre sur le côté pour éviter les personnes immobiles. J’ai fait jouer le jeu une demi-douzaine de fois, j’ai fait alterné les deux lignes celle qui est immobile et celle qui marche / saute. Étant donné que les personnes sont amener à changer de rôle, se tenir debout passivement, et avoir à se décider quand se mettre en retrait, c’est un jeu amusant qui modifie les statuts sociaux et le pouvoir.

Pour les choses que tout le monde peut faire, les meilleures suggestions ont été :

  • Demandez à des amis et à des collègues de confiance de donner l’exemple pour montrer comment passer du pas en avant au guest leadership, et ainsi de donner le ton à la communauté.
  • Commencez à raconter des anecdotes positives lorsque vous voyez cela se produire, n’importe où, mais tout spécialement dans votre communauté.
  • Discuter ensemble, peut être lors d’ateliers de réflexions ou de rétrospectives, quelles ont été les bonnes opportunités pour du guest leadership dans un passé récent.
  • Pour les patrons et les hôtes :
  • Faire moins.
  • Rendez explicite dans les invitations que le guest leadership et la prise d’initiatives sont les bienvenus, et sont même la norme.
  • Mettez en place une système de type grand-frère pour les nouveaux employés, mettez-les en binôme avec des gens qui leur montreront les habitudes du guest leadership, afin qu’ils les prennent tout de suite.
  • Dites simplement “Oui” aux demandes des gens, puis discutez régulièrement lesquels sont celles qu’il faudra prendre en modèle.
  • Faites en sorte que les équipes soient bien équilibrées en terme de genre, âge, culture, spécialité et personnalité (“neurodiversité”).

En résumé

Les invités-en-tant-que-_leaders_ sont, de manière assez remarquable, chose habituelle, une fois que vous avez commencé à les remarquer. Il est moins habituel dans l’environnement professionnel que dans le quotidien, une des raisons étant le sens de la distance hiérarchique ou de la distance sociale verticale sur le lieu de travail.

Pour augmenter le guest leadership sur le lieu de travail, la première chose à faire est de faire une expérimentation qui soit sans risque et de réduire le sens de la distance verticale.

Ce qui motive le plus les personnes à faire un pas en avant et de prendre des initiatives sont :

  • L’empathie pour les personnes en train d’être aidées
  • Se soucier des résultats
  • Voir les autres faire un pas en avant
  • Savoir que je ne serai pas punis en essayant
  • Croire que je peux réussir dans cette intervention

Ce qui démotive c’est

  • La peur des représailles
  • Qu’il y a déjà suffisamment de personnes faisant un pas en avant
  • La peur de l’échec
  • Ne pas vouloir se démarquer

Les patrons et les hôtes peuvent donner un coup de main dans la création d’une culture de guest leadership en

  • Étant absent et en approuvant les décisions prises par autrui après coup
  • Dire simplement “Oui” aux idées
  • Raconter des histoires de bon guest leadership pour mettre en route une culture

N’importe qui peut augmenter l’inclinaison à montrer la voie

  • Par l’utilisation des actions des cartes de collaboration.
  • En demandant à des amis de contribuer à des moments de guest leadership, pour modeler et créer une culture de guest leadership.
  • En discutant le sujet lors de rétrospectives.

Un exemple pour terminer

L’un des mes étudiants nous a raconté ces histoires, après une journée passé à utiliser les cartes de collaboration et avoir des discussions au sujet du guest leadership

Brandon a été invité en tant que consultant à assister à une réunion de direction portant sur l’introduction de l’agile dans une entreprise. Le directeur adjoint était présent en tant que sponsor de la réunion. Il y avait un facilitateur officiel pour la réunion, dont l’agenda assez directif était de s’assurer que l’ensemble de l’ordre du jour : vision, mission, objectifs clés et éléments d’actions soient traités en seulement 90 minutes. Dans cette situation, Brandon était l’invité, incertain de ce que sa contribution pourrait être.

Au fur et à mesure que la réunion se déroulait, Brandon a pu observer l’utilisation et la violation des actions décrites dans les cartes de collaboration. Il a sélectionné quelques actions provenant des cartes, sans interféré ni avec le facilitateur ni avec le directeur adjoint. Il a commencé avec “Ne pas se laisser distraire”, “Clarifiez la voie à suivre” et “Dites quelque chose de valable” comme étant celles permettant de contribuer le plus à faire en sorte que l’agenda soit bien atteint de la manière la moins imposée possible vis-à-vis des autres personnes suivantes.

Le groupe a plutôt bien géré, de manière assez remarquable, le fait de tenir l’ordre du jour dans les temps. À la fin, le directeur adjoint s’est tourné vers lui et a dit “et vous êtes là-dessus à plein temps”. Évidemment, ces petits moments de guest leadership, même mineurs, ne passent pas inaperçus.

Quelques ouvrages pour continuer à approfondir le sujet

1.McKergow, M., Bailey, H., Host, Solutions Books, 2014. 2.http://alistair.cockburn.us/collaboration+cards